Après le Cauchemar

Ils parlent de venger leurs frères, mais combattent
Tous ceux qu’ils ont à portée de poignée de main.
Programmés pour tuer, devenus automates,
On a volé leur joie, ils n’ont plus rien d’humain.

Qui, derrière ces jeun’s gens grandis en raccourcis
De pensée, manipule manettes du jeu,
Et fils blancs fort mal cousus, puis, soudain, rougis ?
Qui veux-tu croire ? La vérité, est-ce bien eux ?

Eux qui proclament que c’est un livre sacré
Qui leur permet de tuer même les innocents ?
Depuis quand le sacré est-il couleur de sang ?
Depuis quand renie-t-on la couleur or des blés ?

Les moissons ne contiennent que ce que l’on y sème.
Vois-tu venir le piège d’épandage de la haine ?
Calme vite tes peurs conseillères bien vaines !
Rappell’ donc à ton cœur que son rôle, c’est qu’il aime.

A ton tour ne deviens pas automate raidi,
Apprends à reconnaître partout des amis,
Lie gâteaux de Noël et ceux du Ramadan,
Pars offrir du bonheur, et là soit redondant !

Ne laissent plus jamais l’indifférence agir
En sa morne langueur ; ton courage faiblir.
Deviens veilleur de paix et contre toute attente.
Réponds au cauchemar par une foi battante.

Foi en la vie qui fait qu’un sourire nous rassure.
Foi forte en la tendresse de toutes les cultures.
Observe les enfants, observe bien les gens :
Regarde bien en toi, et sois plus indulgent.

Et sème autour de toi ce qui doit advenir
Pour soigner, embellir ce monde si blessé.
Trois fois rien, un regard, un geste, un sourire !
Retiens toi de maudire, c’est ça qui va pousser.

Mets toi de toute urgence en face de tes choix
Ne fais plus que ceux-ci répandent de l’effroi :
Coltan, viande, manies qui prennent ta liberté,
Tous font aussi régner un monde sans pitié !

Deviens ouvertement éclairage qui nuit
Aux zones d’ombres glauques où grandissent les peurs.
Deviens rayon qui brille et nettoie tout, et luit !
Humain, réveille en toi le soleil de ton cœur !

Ça peut sembler naïf, mais tu n’auras pas tort !
Sinon, tu passeras complèt’ment à côté,
De ce qui est, depuis toujours, ta destinée :

Sans joie à rayonner l’humain est déjà mort …

Aann-Clair, 15 novembre 2015